Posted by : marc-andré pezin dimanche 28 juin 2015

Depuis aussi longtemps que je me souvienne, Vampire : La mascarade, a toujours été un jeu très particulier pour moi. Déjà parce que c’est le premier jeu de rôle que j’ai maitrisé, mais également parce que cet univers complet et riche, offre une ambiance tout à fait unique à la fois punk, underground et baroque. En ce qui concerne Requiem en revanche, j’avais jusqu’alors un a priori, puisque la première édition avait tout simplement éjecté tous les aspects plaisants (à mes yeux) de Mascarade. Des vampires mous du genou, toujours à se morfondre sur leur triste condition de créature de la nuit. Le genre à s’habiller de noir, avec un maquillage façon Kiss (le groupe) en train de philosopher sur leur nature de monstre et à séduire l’humain à coup de regard de chiens battus. Bref, de quoi vous dégoutter d’incarner un prédateur, mortel et avec un sens moral proche du zéro absolu.  
Cependant, il n’en va pas de même avec cette nouvelle édition de Vampire : Requiem, qui sera prochainement édité par Agate RPG. Alors parlons peu, mais parlons bien… que faut-il attendre de cet ouvrage? est-on condamné à voir tous nos PJ’s incarner des Lestat en puissance ou pire encore, cette pleureuse grec du nom de Louis






Des débuts inquiétants

La petite introduction à l’univers, avouons-le, m’a fait très peur, j’ai fermé le document numérique en ma possession avec un peu moins de violence que je l’aurai fait avec un véritable ouvrage, mais comprenez bien que n’eusse été par égard pour mon écran, c’est avec violence que je l’aurai fait ! …
En somme et pour faire court, On nous sert un petit discours façon concert de rock/metal version adolescent en mal de conquêtes amoureuses qui cherche à se donner un genre gothiquo-geeko-intello-bobo et pas mal d’autres adjectifs en « o » qui peuvent aisément compléter la liste. Un texte du genre : « Requiem c’est comprendre que la vie de Vampire c’est TROOOP dur, et trop injuste, et trop solitaire, et trooooooop triste en fait »2 

Et pourtant, passé le cap de cette lecture, et après avoir acheté un certains nombres de colliers à clous, de T-shirt à l’effigie de Metallica, et avoir lancé Stairway to heaven à fond dans mon appartement, il m’a bien fallu comprendre que le fond est bien différent de ce qu’on m’avait annoncé dans cette introduction trompeuse… j’ai donc immédiatement revendu tout mon attirail sur Ebay à un acheteur très sympathique portant le pseudo SM_74 (mais ceci est une autre histoire).


Une humanité mieux traitée


Bien sûr, le rapport entre le Vampire est l’Humain est toujours au cœur de l’intrigue, cependant, force est de constater que les auteurs ont fourni un véritable effort pour concrétiser le lien qui existe entre votre avatar et l’humanité qui l’entoure et à laquelle il n’appartient plus. Terminé les discours geignards à propos de la tristesse et de la nostalgie supposée,  ce coup-ci, on vous rappelle durement votre ancienne appartenance à grand coup de flashbacks dans la gueule, de lieux « importants » pour votre ancien vous et de prises de conscience rapides et terribles à la fois. Même la voie de l’humanité a été remaniée pour vous permettre de penser non plus comme un déshérité sur le carreau, mais bien comme une créature monstrueuse qui se donne des allures d’humains.

Du gothique au Vampire


Alors je vous le concède, dans Vampire, la condition de son être est bel et bien l’un des aspects importants que le jeu traite, la vie de vampire comporte son lot d’avantages et bien entendu, son lot de faiblesses. Et pourtant, là où la précédente édition m’avait véritablement laissé un arrière-goût de vampire en papier mâché plongé dans un seau d'eau, il faut bien reconnaître que cette édition change complètement la donne. 

ENFIN ! ENFIN, vous aurez des pouvoirs de vampire, des disciplines puissantes qui vous classeront clairement comme le prédateur du genre humain3. Fini les combats contre les 2 racailles de votre quartier pourri qui vous mettent la misère pendant que vous couinez à l’idée que vous ne mangerez pas, ce soir non plus, vos proies étant en train de vous coller la dérouillé du siècle à main nue.

Dans cette seconde édition, fini de jouer un gothique albinos, et bienvenue au prédateur nocturne qui pourra arracher la tête de ces misérables mortels d’un coup bien ajusté. En bref, c’est une nouveauté non seulement attendu, mais carrément indispensable à mon sens qui non seulement vous ouvre des possibilités de scénarios bien plus riches et impressionnants, mais qui en plus va permettre à vos joueurs de se détacher clairement du genre humain pour mieux les renvoyer à la réalité de leur situation au moment propice.
Mais, pour citer un philosophe, bien connu, Benjamin Parker : Un grand pouvoir implique de grande responsabilités4 ce qui me permet de raccorder immédiatement avec mon troisième point 


Un antagoniste majeur


Nouveauté intéressante de cette édition, et non des moindre, un grand méchant. Non, on ne parle pas des loups-garous, créature que l’on croise finalement bien rarement quand on est une créature aussi urbaine qu’un vampire. Non, je parle des Stryges :« démons » puissants, anciens et dangereux qui se sont font une joie de posséder les… cadavres, et oui, pas de chance pour vous… vous en êtes un.
Comme je le disais, vos petits vampires vont enfin avoir des pouvoirs, mais ils vont également avoir des ennemis, et pas des petits joueurs qui se transforme en boule à facette au soleil, de véritable monstre tout droit jailli des portes de l’Enfer et prêt à tout pour faire l’acquisition de votre petit corps dans leur collection macabre.
Attention, si la présence d’un antagoniste majeur est pour moi une chose très intéressante qui permet de varier un peu plus les scénarios et les enjeux, ça ne veut pas pour autant dire que les conflits politiques n’existent plus entre les Vampires, les clans et les courants de pensés divers et nombreux5 et les clans, il faut simplement composer avec une force de plus en présence, et ça c’est bien !

Conclusion

Vous l’aurez compris, cette édition de vampire : Requiem, m’a clairement réconcilié avec cette licence que j’avais complètement délaissée auparavant. Certes, pour un fan comme moi de Vampire : La mascarade, on est très loin de l’ambiance underground et retro auxquelles je suis habitué, mais n’ayant rien contre les temps moderne, force est de constater qu’on récupère ici un véritable jeu avec du potentiel. Les points forts du jeu qui existaient déjà sont toujours bel et bien présents, et les ENORMES faiblesses de la précédente édition sont en grandes parties corrigées. 
Reste en bémol le ton résolument pleurnichard qu’on nous impose tout au long de la lecture qui rentre pratiquement en conflit avec ce qu’on découvre du système et de l’univers.

Vous l’aurez compris, de mon côté, j’offre une nouvelle chance à cette licence… et j'ai même hâte d'en voir une version française pour en apprécier plus largement le contenu. 


Pour en savoir plus

Vous l'aurez compris, vous n'avez ici eu qu'un aperçu succin de cette nouvelle édition à venir, moi même je ne puis en aucun cas me qualifier d'expert de cette nouvelle version, mais si vous souhaitez en apprendre plus, il existe malgré tout un blog officiel en cliquant par ici

En outre, sachez que cette seconde édition est également l'objet d'un projet Ulule pour son financement, vous pourrez participer ou trouver des infos à ce sujet à cette adresse.

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1. Me faite pas dire ce que je n’ai pas dit, j’aime beaucoup entretien avec un vampire.
2. C’est pas de la traduction littérale, mais vous m’en voudrez pas trop, hein ?
3. Malheureux et solitaire peut-être, mais que c’est bon la puissance.
4. Pour les geignards qui se plaindront qu’en fait cette citation est apocryphe, je vous invite à vous pendre avec vos toiles d’araignées, fruit de votre collection improbable
5. Point fort de la première édition, qui revient ici pour notre plus grand plaisir

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